AVERTISSEMENT

Les articles des différents auteurs publiés sur ce site, sauf avertissement spécial, ont été approuvés par l'éditeur de LA VIE ÉTERNELLE. Cela n’entraîne nullement l’approbation de toutes les publications écrites, audiovisuelles et en ligne de ces différents auteurs, lesquels ont pu momentanément ou définitivement verser dans des hérésies, de fausses doctrines ou dans l’égarement.

Par ailleurs, le comité rédactionnel de votre site n’entend nullement approuver les sites vers lesquels renvoient les liens présents dans ces articles.

( cf notre Politique de confidentialité)


Affichage des articles dont le libellé est Patience. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Patience. Afficher tous les articles

dimanche 1 septembre 2024

Moïse : Un modèle de maîtrise de soi

 

Moïse : Un modèle de maîtrise de soi

 

 

Le témoignage de Dieu au sujet de Moïse est sans équivoque quant à sa maîtrise de soi :

Nombres 12.3  « ... Or, Moïse était un homme fort patient, plus qu'aucun homme sur la face de la terre. » (Version Segond)

Nombres 12.3  « ...Or, Moïse était un homme fort doux, plus qu'aucun homme qui soit sur la terre. » (Version Ostervald).

Devant les diverses agressions et rébellions dont il a été victime pendant qu’il conduisait le peuple d’Israël de l’Égypte à Canaan la terre promise, il est resté égal à lui-même. Lent à la colère, il était prompt à intercéder pour détourner d’Israël les jugements de colère de Dieu. Et Dieu sait qu’il avait tous les jours une occasion de chute. Et pourtant, Moïse n’a pas sombré dans la violence, les injures ou les malédictions. En présence de ce peuple que Dieu lui-même qualifia de peuple au cou raide (Exode 32.9), il gardait son sang froid et parlait toujours avec douceur.

Dans les situations les plus affligeantes, il évitait de prendre des  décisions sans en référer à Dieu. Il ne laissait jamais ses émotions prendre le dessus ; et il ne manquait jamais de pardonner à ce peuple qui le rudoyait souvent (Exode 16 ; Exode 17 ; Nombres 11 ; Nombres 12 ; Nombres 14 ; Nombres 16 ; Nombres 21 ...).

Une seule fois, Moïse trébucha devant le peuple d’Israël (Nombres 20).

       A la lecture de la Bible aujourd’hui, plus de 5700 ans après ces événements qui ont émaillé le voyage des Hébreux vers la terre promise sous la conduite de Moïse, on perçoit faiblement l’esprit de rébellion qui animait Israël, un peuple qui aimait à marcher au gré de ses mauvaises pensées (Ésaïe 65.2) et non selon les commandements de Dieu.

Comment Moïse a-t-il pu dominer autant sur son propre esprit pour ne pas céder à la rage, à la colère, à la violence, au doute, à la peur, au découragement, à la vanité ou à la rancune ?

Il ne bronchait ni dans ses paroles ni dans ses actes. Manifestement, c’est une grâce qui lui a été faite !

       Et pourtant, Moïse à 40 ans, en Égypte, était un homme bien violent qui n’avait pas hésité à tuer un homme pour défendre un israélite :

Exode 2.11,12 : «  En ce temps-là, Moïse, devenu grand, se rendit vers ses frères, et fut témoin de leurs pénibles travaux. Il vit un Égyptien qui frappait un Hébreu d'entre ses frères. Il regarda de côté et d'autre, et, voyant qu'il n'y avait personne, il tua l'Égyptien, et le cacha dans le sable. » 

Cette maltraitance dont l’hébreu était victime suffisait-elle pour que le sang d’un homme fût-il égyptien soit versé ? Manifestement, Moïse, en ces temps-là, n’avait pas la maîtrise de ses émotions.

Il était dévoré de haine contre les Égyptiens à qui il en voulait d’avoir réduit son peuple en esclavage. Il a agi avec l’énergie de la chair, ne connaissant pas en ce temps-là le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob.

Il a fallu quarante (40) autres années pour que Dieu éduque Moïse, lui enseignant la patience, en faisant de lui un berger (Exode 3).

La conduite des brebis au pâturage n’est pas une tâche facile. Il faut de la patience, de la rigueur et du courage.

Du courage devant les prédateurs et voleurs de troupeau. De la rigueur en matière de discipline pour éviter que le troupeau ne se disperse ou ne s’égare. Il faut frapper celui-ci, garder celui-là près de soi, menacer un bélier trop agressif... De la patience pour soigner une ou des brebis malades, cheminer longtemps à la recherche d’un vert pâturage, porter tous les jours, sur une longue distance une bête blessée à la patte... Faire donc cela pendant quarante ans vous transforme un homme impatient et violent en un homme doux, courageux et maître de lui-même. Cette éducation de Dieu reçue par Moïse le rendit profondément humble et compatissant envers son prochain. Plusieurs fois, Dieu voulut détruire Israël ; mais, à chaque fois, Moïse plaida en sa faveur (Exode 32.11-13 ; 30-32 ; Nombres 11.11-15 ; 14.13-19 ; ), preuve qu’il n’était pas dévoré par la rancune.

Au travers de la Bible, Moïse nous a laissé l’image d’un homme humble, doux, patient, compréhensif, compatissant, désintéressé, craignant Dieu et peu porté vers les appétits charnels. C’était un héros au sens propre, et ce verset des Saintes Écritures lui est applicable avec certitude :

Proverbes 16.32 : «  Celui qui est lent à la colère vaut mieux qu'un héros, et celui qui est maître de lui-même, que celui qui prend des villes. » 

 

 

                                  Pasteur Dewis HILLAH

dimanche 15 août 2021

La maîtrise de soi

 

La maîtrise de soi



La maîtrise de soi est la quatrième étape sur le chemin de la croissance spirituelle (II Pierre 1.5,6). Elle est le verrou qu’il faudrait sauter avant de parvenir à la piété qui est l’amour de Dieu. Nul ne peut prétendre parvenir à l’obéissance à Christ et par ricochet à la vie éternelle sans en avoir la possession. La maîtrise de soi est une arme essentielle qui nous préserve des nombreux pièges et tentations du diable. Au sujet de celui qui possède la maîtrise de lui-même, la Bible déclare qu’il a plus de valeur qu’un grand conquérant, c’est-à-dire, plus de valeur que celui que Dieu a choisi bien avant la fondation du monde pour l’accomplissement de ses desseins éternels :

Proverbe 16.32 : « Celui qui est lent à la colère vaut mieux qu'un héros, et celui qui est maître de lui-même, que celui qui prend des villes.» 

La maîtrise de soi, dans l’Ancien Testament, est la traduction d’un groupe de mots hébreux (mâshal rûach) qui a le sens de "diriger son esprit, contrôler son esprit, dominer son esprit et même régner sur son esprit". Dans le Nouveau Testament, le mot grec équivalent est « egkrateia » qui est rendu en français par le mot tempérance.

La tempérance recouvre tour à tour, selon les contextes, le sens de modération, sobriété, continence, abstinence, circonspection, contrôle de soi, retenue, réserve, domination de soi... maîtrise de soi.

La maîtrise de soi, pour paraphraser les versions Ostervald et King James, est le fait d’être "maître de son cœur" ou d’être  "le seul et unique gouverneur de son esprit" (Proverbe 16.32). Cela sous-entend que celui qui est maître de lui-même n’est soumis à aucune influence extérieure, n’est contrôlé par aucun esprit étranger à sa personne hormis l’Esprit de Dieu en lui. De ce fait, un tel homme a la domination de ses passions et désirs, et il ne peut plus être influencé par les tromperies et tentations de Satan, ou par ses propres pulsions charnelles. Un tel chrétien a la victoire sur la chair et le monde (Galates 5.24). De manière permanente et absolue, cela est impossible, car la Bible nous rappelle par la bouche de l’apôtre Jean que :

« Si nous disons que nous n'avons pas de péché, nous nous séduisons nous-mêmes, et la vérité n'est point en nous.»  I Jean 1.8 

Dieu, tout en nous exhortant par le verset qui précède à l’humilité, n’attend pas moins de nous que nous luttions contre le péché jusqu’au sang (Hébreux 12.1-4). Dieu connaît les faiblesses de notre chair (Matthieu 26.41 ; Marc 14.38) et nous demande de nous confier en lui pour avoir la victoire sur Satan et ses mauvaises œuvres (Jean 15.1-8) ; autrement, c’est l’échec assuré :

 «  Je suis le cep, vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruit, car sans moi vous ne pouvez rien faire. » Jean 15.5

Seul Dieu peut nous donner la tempérance ou maîtrise de soi comme le confirme Galates 5.22 :

« ...le fruit de l'Esprit, c'est l'amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bénignité, la fidélité, la douceur, la tempérance (la maîtrise de soi); »

Tout effort basé sur des rituels, récitations de psaumes, des ablutions et prières spéciales, est totalement inutile. C’est une œuvre entièrement dépendante du Saint-Esprit qui par sa présence en nous libère dans nos cœurs les fruits de l’Esprit et l’amour de Dieu (Romains 5.5). Aucune éducation spirituelle, aucun exercice de méditation, aucune cérémonie occulte, aucune école de sagesse, aucune formation ne peut nous donner la vraie maîtrise de soi.

Nul, s’il n’a Jésus-Christ, ne peut y parvenir. Croire qu’on peut l’obtenir par un effort personnel, sera source d’une grande déception. Un tel candidat expérimentera la véracité de cette expression proverbiale très populaire :  « Chassez le naturel, il revient au galop ».

Nul ne peut donc avoir la maîtrise de soi ou plus simplement la victoire définitive sur le moindre péché s’il n’est disciple de Christ. Ce que le monde appelle maîtrise de soi n’est qu’un effort de contrôle physique ; il ne s’agit nullement de la domination de son esprit comme l’entend Proverbe 16.32. Non, il s’agit plutôt, en nous permettant cette analogie, d’un volcan sous-marin en ébullition.

La maîtrise de soi s’exerce dans trois grands domaines dans la vie du disciple de Christ : L’esprit, l’âme et le corps(I Thessaloniciens 5.23)

I- L’esprit ou le cœur

Le cœur est le siège de :

-La raison ;

-La pensée ;

-Des émotions ;

-Des sentiments ;

-Des désirs ;

-La volonté.

Marc 7.21-23 nous le confirme :

«Car c'est du dedans, c'est du cœur des hommes, que sortent les mauvaises pensées, les adultères, les impudicités, les meurtres, les vols, les cupidités, les méchancetés, la fraude, le dérèglement, le regard envieux, la calomnie, l'orgueil, la folie. Toutes ces choses mauvaises sortent du dedans, et souillent l'homme.»

Le cœur est aussi le siège de :

-La religiosité (Math15.8) ;

-La foi (Marc 11.23 ; Luc 24.25) ;

-L’incrédulité (Héb 3.12) ;

-L’égarement (Héb 3.10) ;

-La cupidité(Math 6.21) ;

-L’endurcissement du cœur (Math 13.15 ; Marc 3.5) ;

-La révélation de la parole de Dieu (Math 13.19) ;

-La tristesse et la joie (Jean 16.6 ) ;

-L’angoisse (II Cor 2.4) ;

-L’adoration et la louange (Eph 5.12).

Celui qui veut donc avoir la maîtrise de lui-même doit d’abord maîtriser son esprit. L’esprit est le gouvernail par lequel notre corps est dirigé soit par Dieu, soit par le diable (Jean 3.2). Si notre esprit est pur, Dieu l’utilise pour l’avancement de son œuvre (Luc 6.45). Voilà ce pourquoi la Bible nous donne cette exhortation :

« Garde ton cœur plus que toute autre chose, car de lui viennent les sources de la vie. » Proverbe 4.23 

et encore

  « Heureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu! » Matthieu 5.8

Comme nous le voyons donc, la maîtrise de son esprit est capitale pour la vie éternelle.

II- L’âme

L’âme, c’est ce qui vit dans le corps. Si l’âme quitte définitivement le corps, le corps meurt et retourne à la poussière (Jacques 2.26).

L’âme, notre propre personne, est ce qui répond quand on nous appelle ou quand on nous parle. C’est aussi l’âme qui va en jugement(). L’âme est la personne agissante. L’âme est le seul maître à bord lorsque notre esprit n’est pas régénéré (Tite 3 .5 ; Eph 2.22) pour être l’habitation de l’Esprit de Christ et du Saint-Esprit. Elle décide d’obéir ou non aux sollicitations de notre esprit. Elle est devant Dieu responsable de tout péché que nous commettons. Selon que nous avons reçu ou non une éducation morale ou religieuse, elle rejette ce qui lui semble mauvais.

L’âme possède aussi :

-Une pensée ;

-Une volonté ;

-Des sentiments ;

-Des émotions ;

-Des désirs ;

-Le raisonnement ;

-La connaissance du bien et du mal.

L’âme peut donc refuser de pécher et lutter jusqu’au sang, en s’appuyant sur le Seigneur (Heb 12).

La Bible pour cela nous invite à :

« … renoncer à l'impiété et aux convoitises mondaines » Tite 2.12


III- Le corps

Le corps est ce qui se meut chez les humains, la partie visible de notre être. Il est la seule partie corruptible de notre être. Il possède aussi :

-Des désirs (la faim, la soif, l’appétence sexuelle, le sommeil, le repos...) ;

-Des émotions (la haine de la douleur, le sentiment de bien-être physique...) ;

-Une volonté (le refus de jeûner, le refus de rester éveillé, la prédilection pour un ou des mets ou la forte envie de manger un aliment particulier ... ).

Le chrétien se doit d’assujettir son corps de crainte qu’il ne le conduise à violer la volonté de Dieu et à perdre ainsi la récompense finale. L’apôtre Paul écrivait en toute connaissance de cause ces paroles :

«Mais je traite durement mon corps et je le tiens assujetti, de peur d'être moi-même rejeté, après avoir prêché aux autres. »  I Corinthiens 9.27

Il n’est donc pas question de se laisser aller à :

-La fornication ;

-L’adultère ;

-L’alcoolisme ;

-La bagarre ;

-La querelle ;

-L’avarice ;

-La violence ;

-La vengeance ;

-L’injure ;

-La rancune ;

-La colère ;

-La gloutonnerie ;

-La bouffonnerie ;

-La paresse ;

-L’orgueil ;

-La méchanceté ;

-La vanité ;

-...

Le message biblique, dans son ensemble, invite le croyant depuis l’Ancienne alliance à rechercher et à cultiver ensuite la maîtrise de soi dans tous les domaines de sa vie.

L’image, la forte, pour nous montrer à quel point celui qui ne se maîtrise pas, est sans protection et donc en grand danger se trouve dans le Proverbe 25.28 :

« Comme une ville forcée et sans murailles, ainsi est l'homme qui n'est pas maître de lui-même. »



Pasteur Dewis HILLAH

vendredi 13 août 2021

Abraham : un modèle de patience

 


Abraham : un modèle de patience



Demandez à tout étudiant de la Bible qui est le père de la foi ; il vous répondra sans hésiter que c’est Abraham. Et pour vous en convaincre, il s’appuiera sur des passages comme Romains 4.10-17,  Galates 3.6-9, Galates 3.29 et Luc 16.19-31. Mais si vous lui demandez qui, dans la Bible, est un modèle de patience, il hésitera un bon moment, et il est peu probable qu’il vous cite Abraham comme étant le parangon de la patience. La raison est toute simple : il n’a pas fait le lien entre la foi et la patience.

Pour demeurer ferme dans la foi par ces temps incertains comme ceux d’Abraham, temps fâcheux où chaque seigneur faisait de la vie de ceux qui étaient sous son autorité administrative ce qu’il en voulait, il fallait avoir une grande et fervente persévérance. Il fallait souffrir sans se décourager en ayant les regards sur les promesses de Dieu. Il fallait tenir ferme dans l’adversité. Et c’est bien là l’une des deux principales définitions du mot patience  dans la Bible.

Dans le Nouveau Testament, deux expressions grecques ayant originellement des sens différents sont rendues en français par le même terme "patience". Il s’agit de :

1- Makrothumia et des mots de la même famille qui ont le sens de longanimité, indulgence, lenteur à la colère, réticence à sanctionner, tolérance de la faiblesse chez autrui, douceur ou retenue face à la provocation ou la "patience dont fait preuve celui qui a le pouvoir de faire cesser ce qui lui déplaît" ;

2- Hupomone qui a le sens d’endurance dans l’épreuve, de persévérance, d’attente courageuse, ou de fermeté dans l’adversité.

Dans l’Ancien Testament, les mots dont la traduction en français donne patience, ont aussi l’un ou l’autre sens selon les divers contextes ou versions.

Abraham, homme connaissant Dieu et marchant fidèlement avec Lui au point où Dieu l’appelait son ami (Jacques 2.23), était un homme doux, lent à la colère, peu porté à la violence sauf en cas d’extrême nécessité comme lorsqu’il s’est agi de délivrer son neveu Lot (Gen 14) ; neveu qui, rappelons-le, l’avait proprement et publiquement outragé au point où ils durent se séparer(Gen 13.5-11). Il avait cette propension à la mansuétude qui le poussa à risquer sa vie pour celui qui avait fait preuve d’ingratitude et de méchanceté à son endroit. A sa place, plusieurs parmi nous ne l’auraient pas fait ! Élever un orphelin(Gen 11.26-31) de père et de mère, l’entretenir comme son propre enfant, veiller sur son héritage et le faire prospérer(Gen 13.5) pour se voir après traité de la sorte publiquement ! Pour le commun, c’est la pire des humiliations.

Mais l’homme de Dieu, le prophète(Gen 18.17 ; Amos 33.7 ) qu’était Abraham, n’en avait cure ; il avait suffisamment de grandeur d’âme pour faire preuve d’amour et de patience envers Lot au point de mettre sa propre vie en danger. Que Dieu nous donne une telle patience ! Quel homme exceptionnel !

En obéissance à Dieu, il quitta sa patrie pour des contrées lointaines(Gen 12.1-6), le pays de Canaan, accomplir le plan éternel de Dieu qui voulait susciter un peuple qui lui appartienne en propre sur toute la terre. Un peuple élu qui lui obéirait au doigt et à l’œil. Cette mission était difficile ; ni le diable ni les hommes impies ne pouvaient l’accepter. Et devant la multiplicité des obstacles, Abraham alla, parcourant tout le pays de Canaan(Gen 13.14-17) au prix de sa vie, tremblant parfois au point d’engager sa femme au mensonge afin de sauver sa vie (Gen 12.6-16 ; Gen 20.1,2). Dieu, fort heureusement, veillait sur lui et empêchait quiconque de toucher à ce qui lui appartenait (Gen 12.17-20 ; Gen 20.3-18). Abraham, en ces moments difficiles, persévérait dans la foi et endurait toutes ces souffrances physiques, morales et spirituelles avec patience. De notre position aujourd’hui, il nous est difficile, voire très difficile d’appréhender les souffrances qui furent les siennes au milieu d’une génération d’impies. Ceux qui sont dans des zones de conflits armés seront plus à même de percevoir la profondeur de sa détresse par moments. C’est vrai que Dieu lui fit de grandes promesses(Gen 12.1-3 ; Gen 13.14-18 ; Gen 15.1-6 ), mais parfois, comme tout authentique adorateur de Dieu, il était visité par la crainte des hommes et le doute. Fatigué d’attendre pendant onze(11) ans la promesse de Dieu au sujet d’une descendance(Gen 12.1-3), il écouta la voix de sa femme et enceinta la servante de cette dernière(Gen 16) ; ce fut là, sa seule grave chute sur le chemin de la patience. L’histoire des hommes nous révèle chaque jour les conséquences néfastes de ce péché de désobéissance à la volonté de Dieu.

Au sujet d’Abraham, le Saint-Esprit par la bouche de l’apôtre Paul dans Romains 4.18-21 déclara ceci :

 « Espérant contre toute espérance, il crut, en sorte qu'il devint père d'un grand nombre de nations, selon ce qui lui avait été dit : Telle sera ta postérité. Et, sans faiblir dans la foi, il ne considéra point que son corps était déjà usé, puisqu'il avait près de cent ans, et que Sara n'était plus en état d'avoir des enfants.  Il ne douta point, par incrédulité, au sujet de la promesse de Dieu ; mais il fut fortifié par la foi, donnant gloire à Dieu, et ayant la pleine conviction que ce qu'il promet il peut aussi l'accomplir. »

Oui ! Il espéra contre tout bon sens, il espéra contre les lois de la nature, il espéra contre l’évidence de l’impossibilité biologique de sa femme de concevoir et ce, pendant 25 ans ! Sa foi a été profondément éprouvée. Il a été éprouvé dans sa logique ; il a été éprouvé par le mépris de ses parents, amis et serviteurs. Il a été éprouvé par l’apparence extérieure de sa femme. Il a été éprouvé par la ménopause de sa femme... Et comme le disent si bien les écritures, sa foi a été éprouvée et la foi qui passe par l’épreuve doit être soutenue par une grande patience.

Jacques 1.3 : « sachant que l'épreuve de votre foi produit la patience

Abraham aurait pu se décourager. Qui aujourd’hui peut faire preuve d’une telle persévérance dans l’attente malgré les évidences biologiques ? Quel courage ! Moïse, selon la Bible, était en son temps l’homme le plus patient de la terre :

Nombres 12.3 : «... Or, Moïse était un homme fort patient, plus qu'aucun homme sur la face de la terre.» 

Mais cette patience n’est pas la patience "Hupomone" c’est-à-dire

l’endurance dans l’épreuve, mais il s'agit d’une patience " Makrothumia" c’est-à-dire de douceur, de lenteur à la colère, d’indulgence, de tolérance devant la faiblesse d’autrui. La patience d’Abraham est la même que celle dont le chrétien doit faire preuve pour parvenir à la piété qui est l’amour de Dieu(II Pierre 1.6).

L’endurance dans les persécutions, les tentations et les épreuves aide le chrétien à s’affermir, à grandir et mûrir en Christ ; chaque évènement heureux ou malheureux nous enseigne de précieuses leçons qui nous aguerrissent dans le combat spirituel.

Chaque épreuve exerce notre jugement et augmente notre confiance en Dieu tant et si bien qu’épreuve après épreuve nous devenons de plus en plus coriaces pour le monde des ténèbres et tendons inexorablement vers l’état d’hommes faits en Jésus-Christ. C’est pourquoi, il est écrit :

Jacques 1.4 : « Mais il faut que la patience accomplisse parfaitement son œuvre, afin que vous soyez parfaits et accomplis, sans faillir en rien.»

Abraham a mené, sans répit, le combat de la foi pendant cent (100) ans (Gen 12.4 ; Gen 25.7) tenant ferme, contre vents et marrées, dans l’adversité, les afflictions et les épreuves.

Jacques 5.11 : «  Voici, nous disons bienheureux ceux qui ont souffert patiemment.  »


                                                            Pasteur Dewis HILLAH