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mercredi 27 juillet 2022

Le chrétien peut-il se laisser tuer par le méchant?

Le chrétien peut-il se laisser tuer par le méchant?



La question, assurément, peut sembler saugrenue eu égard à l’instinct de conservation naturel propre à tout être humain.  De plus, il est notoire que la réprobation du suicide par toutes les dénominations chrétiennes est unanime ; le Christianisme a en saine horreur l’avortement et l’euthanasie. Cependant, en considérant un certain nombre de déclarations du Seigneur relatives à la non violence notamment Matthieu 5.38-48, certaines âmes mal affermies peuvent verser dans un pacifisme outrancier.

En regardant juste autour de nous dans la sous-région, et en écoutant les nouvelles dont les média d’ici et d’ailleurs se font l’écho, nos cœurs meurtris constatent que certains chrétiens font très peu cas de leur vie au nom de l’amour du prochain, du devoir humanitaire ou de la prédication de l’Évangile. C’est une erreur gravissime qui peut être assimilée au suicide.

Le Seigneur, dans sa grande sagesse, a pris le soin de nous laisser dans Matthieu 10.16-23 des instructions très claires :

« Voici, je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. Soyez donc prudents comme les serpents, et simples comme les colombes. Mettez-vous en garde contre les hommes ; car ils vous livreront aux tribunaux, et ils vous battront de verges dans leurs synagogues ; vous serez menés, à cause de moi, devant des gouverneurs et devant des rois, pour servir de témoignage à eux et aux païens. Mais, quand on vous livrera, ne vous inquiétez ni de la manière dont vous parlerez ni de ce que vous direz : ce que vous aurez à dire vous sera donné à l'heure même ; car ce n'est pas vous qui parlerez, c'est l'Esprit de votre Père qui parlera en vous. Le frère livrera son frère à la mort, et le père son enfant ; les enfants se soulèveront contre leurs parents, et les feront mourir. Vous serez haïs de tous, à cause de mon nom ; mais celui qui persévérera jusqu'à la fin sera sauvé. Quand on vous persécutera dans une ville, fuyez dans une autre. Je vous le dis en vérité, vous n'aurez pas achevé de parcourir les villes d'Israël que le Fils de l'homme sera venu.»

Ce passage est très explicite quant à notre comportement devant la persécution : Il faut fuir ! (Matthieu 10.23). Et c’est en obéissance à ce commandement fondé sur le bon sens que l’Église à Jérusalem a fui dans d’autres villes d’Israël lors de la grande persécution qui s’est abattue sur elle. (Actes 8)

« Saul avait approuvé le meurtre d'Étienne. Il y eut, ce jour-là, une grande persécution contre l'Église de Jérusalem ; et tous, excepté les apôtres, se dispersèrent dans les contrées de la Judée et de la Samarie » Actes 8.1 

Ces chrétiens de l’Église primitive avaient bien plus de foi que nous ; pourquoi aujourd’hui les chrétiens se mettent-ils en danger dans des zones où leur vie est activement menacée? A partir du moment où un chrétien identifie une menace pour sa sécurité, sa santé, ses finances ou ses biens, il doit prendre des précautions humaines. Il n’est pas question de refuser de prendre ses responsabilités. Il faut anticiper, de manière rationnelle, de manière réfléchie. Il faut évaluer la situation et voir ce qui humainement peut être fait. Ce n’est qu’après cela que nous pouvons légitimement invoquer le secours de Dieu. Refuser de se soigner ou de se protéger et s’attendre au miracle est une folie dont l’issue est souvent mortelle. Le Nouveau Testament foisonne d’exemples à nous rendre sages :

Actes 12.1-19 nous relate l’histoire de Pierre emprisonné par Hérode en vue d’une exécution publique pour faire plaisir aux Juifs non messianiques. L’Église, constatant son impuissance, se mit à prier avec instance. Dieu envoya un ange libérer Pierre qui après s’être montré à l’Église, se cacha pour ne pas être repris par Hérode. Ce n’était manifestement pas la volonté de Dieu qu’il mourût de la main de ce tyran ; s’il s’était laissé reprendre et tuer, il aurait commis un grand péché.

Paul, de même, ayant appris que des Juifs lui ont tendu une embuscade pour ôter sa vie, ne joua pas à l’insensé mais prit au contraire des mesures idoines pour faire avorter ce projet.

« Puis il se rendit en Grèce, où il séjourna trois mois. Il était sur le point de s'embarquer pour la Syrie, quand les Juifs lui dressèrent des embûches. Alors il se décida à reprendre la route de la Macédoine. Il avait pour l'accompagner jusqu'en Asie : Sopater de Bérée, fils de Pyrrhus, Aristarque et Second de Thessalonique, Gaïus de Derbe, Timothée, ainsi que Tychique et Trophime, originaires d'Asie.  Ceux-ci prirent les devants, et nous attendirent à Troas. » Actes 20.3-5


Il était pourtant dans la volonté de Dieu. Il a préféré changer de chemin pour se rendre à Jérusalem. Arrivé au terme de son voyage, il tomba injustement entre les mains des Juifs d’Asie (Actes 21.27-33) qui cherchèrent à le tuer. Dieu, dans sa fidélité, le sauva miraculeusement de leurs mains. Ne s’avouant toujours pas vaincus, plus d’une quarantaine d’hommes parmi les plus fanatiques formèrent un complot pour lui ôter la vie (Actes 23.12-24). Que fit Paul lorsque cela parvint à sa connaissance ? Pria-t-il pour demander à Dieu d’agir comme bon Lui semblait ? Prit-il un jeûne pour demander discrètement à Dieu l’échec de ce projet d’assassinat ? Non ! Paul ne s’était pas cantonné au jeûne et à la prière qui sont absolument de très bonnes armes ; il se hâta plutôt d’en informer les autorités. S’il ne l’avait pas fait, ils auront probablement réussi leur projet d’assassinat. Paul aurait été tué avec sa propre complicité, détruisant ainsi involontairement le plan de Dieu sur sa vie. Considérons avec quelle promptitude ce tribun a mis en œuvre le plan de sauvetage de Paul. Il avait pourtant à sa disposition une véritable armée :


- plus de deux cents fantassins ;

- plus de soixante-dix cavaliers ;

- plus de deux cents archers.


Il était en position de force. Malgré cela, cet homme de guerre refusa de prendre le moindre risque. Il n’était pas un va-t-en-guerre, encore moins une personne immature. Il n’avait rien à prouver à quelqu’un. Il évalua la situation, jaugea la détermination de l’ennemi, géra sagement l’information et décida de la conduite à tenir. Il fallait devancer l’ennemi. Cette manière d’agir n’est pas de la couardise. Bien au contraire, c’est un trait de grande intelligence. Que gagnerait-il à risquer la vie de Paul et de ses soldats ? Parfois, c’est vrai, il n’y a pas d’autre choix logique que d’engager un combat à mort. Mais dans la plupart des cas, il vaut mieux décrocher à la première alerte.

Plusieurs, sous la séduction de Satan, tentent Dieu (Luc 4.9-12) sans s’en rendre compte. Ils exposent leur vie pour des glorioles et se placent hors de la protection de Dieu. Le chrétien doit se garder de ses ennemis visibles et invisibles. Le Seigneur n’a-t-Il pas déclaré ces paroles :

«Voici, je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. Soyez donc prudents comme les serpents, et simples comme les colombes. Mettez-vous en garde contre les hommes ; » Matthieu10.16,17a

Que faire alors de Matthieu 5.39,  diront certains ?

« Mais moi, je vous dis de ne pas résister au méchant. Si quelqu'un te frappe sur la joue droite, présente-lui aussi l'autre. » Matthieu 5.39

"Résister au méchant" a le sens ici de rendre le mal pour le mal ou de se venger. Dans ces conditions, l’interprétation visant à laisser le méchant agir à sa guise en toute circonstance est à revoir. Les chrétiens que nous sommes ne devons jamais laisser quelqu’un brimer plus faible que lui. Jamais nous ne devons abandonner une femme victime d’agression sexuelle. Chaque fois que nous sommes en position de force nous devons mettre fin à l’injustice. Il n’est pas question d’être de lâches spectateurs invoquant honteusement Matthieu 5.39 lorsque nous sommes les témoins oculaires d’une violence illégitime. Qui de nous est prêt à laisser ses enfants être agressés sans rien tenter ? Qui laissera son vieux père ou sa vieille mère agressés par un petit voyou sans faire acte de vaillance ?

Faudrait-il en dire plus? Nous avons tous compris.

«Nous savons que quiconque est né de Dieu ne pèche point ; mais celui qui est né de Dieu se garde lui-même, et le malin ne le touche pas. »  I Jean5.18 

Il nous faut donc fuir les mauvaises compagnies (I Corinthiens 15.33) ; il nous faut fuir ceux qui visiblement en veulent à notre vie (Psaume 37.12 ; Proverbe 21.10) ; il nous faut fuir les endroits mal famés (Proverbes 7 ; Proverbes 22.24,25) ; il nous faut fuir promptement les gurus et pasteurs qui ne suivent pas l’enseignement biblique (Actes 20.28-30 ; Jude ; II Pierre 2) ; il nous faut fuir les apothicaires modernes, il nous faut fuir la médecine alternative non homologuée qui guérit tout et rien. Il nous faut veiller sur nos vies dans la prière. Soyez donc prudents !

« L'homme simple (crédule) croit tout ce qu'on dit, mais l'homme prudent est attentif à ses pas » Proverbe 14.15

« L'homme prudent voit le mal et se cache, mais les simples (crédules) avancent et sont punis. » Proverbe 22.3 


  

                                                          Pasteur Dewis HILLAH















lundi 16 août 2021

Pourquoi devons-nous pratiquer la charité ?

 

Pourquoi devons-nous pratiquer la charité ?



L’apôtre Jean, au soir de sa vie, parcourait les assemblées de l’Église à Éphèse avec ce message  : « Mes petits enfants, aimez-vous les uns les autres. C’est le précepte du Seigneur ; bien gardé, il suffit » (Jérôme). Ce message qu’il aimait à répéter n’était pas exclusivement une invite à l’amour fraternel mais bien plutôt une exhortation à garder rigoureusement la charité ou amour du prochain afin d’être éligible pour le ciel. Et cette même exhortation, il l’adressa aussi à une assemblée non spécifiée de son époque (Rq : "Kyria" mot grec signifiant madame est utilisé ici de manière imagée) :

II Jean 4-6 « J'ai été fort réjoui de trouver de tes enfants qui marchent dans la vérité, selon le commandement que nous avons reçu du Père. Et maintenant, ce que je te demande, Kyria, - non comme te prescrivant un commandement nouveau, mais celui que nous avons eu dès le commencement, - c'est que nous nous aimions les uns les autres. Et l'amour consiste à marcher selon ses commandements. C'est là le commandement dans lequel vous devez marcher, comme vous l'avez appris dès le commencement. » 

Cet enseignement, il le tenait du Seigneur Jésus-Christ lui-même. C’est le condensé de la réponse que le Seigneur donna un jour à un pharisien, docteur de la loi, qui voulait l’éprouver en lui demandant quel était le plus grand des commandements (Mathieu 22.34-40).

L’apôtre Jean n’était pas le seul à l’enseigner ; les apôtres Pierre(I Pierre 4.8 ; II Pierre 1.3-8), Paul(I Timothée 1.5), et Jacques(Jacques 2.8) en faisaient de même.

En vérité, toute la loi c’est-à-dire toute la Bible se résume à l’amour du prochain ou charité :

Galates 5.14 : « Car toute la loi est accomplie dans une seule parole, dans celle-ci : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. »

Toute l’Église primitive percevait clairement que l’amour du prochain ou la charité est la loi royale ou la voie par excellence(I Corinthiens 12.31) pour parvenir à une sanctification complète sans laquelle nul n’entrera au paradis(Hébreux 12.14). En effet, comment se dégager des souillures (Actes 15.20 ; Jacques 1.27 ; II Pierre 2.20) pour entrer dans la Jérusalem céleste (Apocalypse 21.27 ; II Pierre 2.13 ; Apocalypse 3.4 ; 14.4) en refusant de pratiquer l’amour du prochain qui est un précepte du Seigneur ? C’est impossible !

L’apôtre Paul écrivit ceci aux saints de Rome :

Romains 13.8-10 : « Ne devez rien à personne, si ce n'est de vous aimer les uns les autres ; car celui qui aime les autres a accompli la loi. En effet, les commandements : Tu ne commettras point d'adultère, tu ne tueras point, tu ne déroberas point, tu ne convoiteras point, et ceux qu'il peut encore y avoir, se résument dans cette parole : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. L'amour ne fait point de mal au prochain : l'amour est donc l'accomplissement de la loi ».

Comment peut-on aimer son prochain en le volant ? Comment peut-on lui manifester sa charité en lui mentant ou en le trompant ?

Quel est ce genre d’amour qui porte préjudice au bonheur de son prochain ? Est-ce en le diffamant ou en le calomniant qu’on est parfait dans l’amour ? Honnêtement, ce n’est pas en agissant par haine ou par jalousie qu’on serait sur le chemin de l’amour ! Car, en marchant dans les œuvres de la chair(Galates 5.19-21), on est plutôt dans le péché !

C’est donc pour lever toute équivoque que le Saint-Esprit par la bouche de l’apôtre Paul a énuméré les signes distinctifs de la vraie charité(I Corinthiens 13) :

Les signes de la vraie charité (I Corinthiens 13.4-7)

La charité est :

- Patiente ;

- Pleine de bonté ;

- Modeste ;

- Humble ;

- Honnête ;

- Altruiste ;

- Paisible, douce ;

- Ennemie des fausses accusations, des calomnies ;

- Contre l’injustice ;

- Amie de la vérité ;

- Indulgente, magnanime ;

- Pleine de foi ;

- Pleine d’espérance ;

- Pleine de persévérance dans la souffrance.

La charité, contrairement à l’opinion générale, est très difficile à mettre en pratique si l’on n’a pas une connaissance profonde des commandements de Dieu. Comment peut-on garder un commandement qu’on ne connaît pas ? Comment peut-on marcher dans la sainteté en violant constamment les ordonnances divines ?

Car, même lorsque nous péchons sans le savoir, nous nous rendons coupables et sommes passibles des sanctions divines :

Lévitique 5.17 :  « Lorsque quelqu'un péchera en faisant, sans le savoir, contre l'un des commandements de l'Éternel, des choses qui ne doivent point se faire, il se rendra coupable et sera chargé de sa faute. »

Pour être donc parfait dans l’amour du prochain, il nous faut connaître profondément la Bible, l’étudier et marcher selon son conseil. Pourquoi ? Il se peut que le bien que je crois faire soit une abomination aux yeux de Dieu. Si je me rends complice d’un acte répréhensible en ne dénonçant pas le coupable ou pire en l’aidant à détruire les preuves de sa culpabilité, suis-je en train de lui faire du bien ? La notion du bien n’est pas la même dans toutes les communautés. Sous certaines latitudes, on encourage les homosexuels à s’affirmer, alors que sous d’autres, on réprime sévèrement cette orientation. Ailleurs, l’inceste, la zoophilie et la nécrophilie ne choquent pas grand monde ; mais, sous nos latitudes, c’est un sacrilège, une abomination à faire vomir. Le coupable, s’il ne prend pas promptement le large, se fera à coup sûr étriper. Le mal est contagieux ! A force d’avoir les oreilles rebattues par ces crimes contre nature, on finit par s’y habituer ; et ce qui était un sacrilège finit par tomber dans la banalité et devient presque normal.

Au point où on appelle le mal bien et le bien mal (Ésaïe 5.20) !

Fort heureusement, nous avons la Bible pour nous indiquer le bon chemin. Et c’est elle qui nous jugera au Dernier Jour, selon ce qui est écrit dans Jean 12.47-49.

Le chrétien se doit donc de refuser tout ce qui a l’apparence du mal au nom du véritable amour. Il doit tenir ferme pour la vérité, même devant les chantages affectifs. Les comportements manipulatoires ne sont pas dignes de personnes sérieuses et encore moins de chrétiens.

Nul ne peut prétendre avoir l’amour du prochain s’il marche selon son bon vouloir, au gré de ses convoitises. Car, celui qui marche selon ses convoitises marche dans la chair ; et celui qui marche dans la chair ne peut obéir aux commandements de Dieu (Romains 8.1-8).

La charité est la marque distinctive du chrétien mature. Elle est, au demeurant, la dernière étape de la croissance spirituelle (II Pierre 1.5-7). Elle est le couronnement d’une vie chrétienne vertueuse, persévérante et patiente dans l’épreuve. Le chemin vers la maturité spirituelle n’est pas un long fleuve tranquille. Le chemin vers la maturité est parsemé d’épreuves, de tentations et d’embûches. Chaque pas sur cette voie est un acte de foi et de courage. Et Dieu sait la somme de souffrances qu’un chrétien authentique doit supporter pour persévérer dans l’obéissance à Sa Parole dans ce monde de plus en plus libertaire et libertin.

Dans le Pentateuque déjà, Dieu rappelait aux hommes le type de relation qui doit exister entre eux (Lévitique 19.1-4, 9-18) :

Lévitique 19.18 : « Tu ne te vengeras point, et tu ne garderas point de rancune contre les enfants de ton peuple. Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Je suis l'Éternel.» 

Dieu attend donc que les humains s’entraident, s’aiment et vivent en parfaite harmonie sur la terre. Notre Créateur veut que nous nous aimions d’un amour sincère et sans hypocrisie (Romains 12.9a). Que de chemin nous reste-t-il à faire !

  « Veillons(donc) les uns sur les autres, pour nous exciter à la charité et aux bonnes œuvres. » Hébreux 10.24

« Que tout ce que vous faites(donc) se fasse avec charité! » I Corinthiens 16.14 



Pasteur Dewis HILLAH

vendredi 13 août 2021

Gaïus, un modèle d’amour fraternel

 


Gaïus, un modèle d’amour fraternel



    Combien comme Gaïus de III Jean ont reçu le témoignage de l’Église primitive et de l’immense apôtre Jean au sujet de son amour pour les frères en Christ ? Ils sont très peu ceux à qui le Saint-Esprit de Dieu a rendu un pareil témoignage, les laissant pour exemple à la postérité. Nul ne sait avec précision s’il s’agit du Gaïus qui résidait à Corinthe et dont la mention a été faite dans Romains 16.23 :

« Gaïus, mon hôte et celui de toute l'Église, vous salue. Éraste, le trésorier de la ville, vous salue, ainsi que le frère Quartus. »

Ce Gaïus avait un sens élevé de l’amour fraternel au point où il avait hébergé dans sa maison non seulement les réunions de l’Église locale mais aussi l’apôtre Paul qu’il assistait fidèlement de ses biens. Peut-être bien qu’il s’agissait de Gaïus le Macédonien compagnon d’œuvre de l’apôtre Paul qui fut malmené par les ouvriers et collègues de Démétrius lors de leur révolte contre l’évangile prêché par l’apôtre Paul et ses co-ouvriers (Actes19.24-29). Peut-être même du Gaïus de Derbe, homme courageux qui décida de participer au cortège de l’apôtre Paul pour le protéger contre des Juifs qui cherchaient à le tuer (Actes 20.3-5).

Toujours est-il que ce Gaïus, sur qui nous n’avons aucune précision dans l’épître, a reçu ce grand témoignage :

«J'ai été fort réjoui, lorsque des frères sont arrivés et ont rendu témoignage de la vérité qui est en toi, de la manière dont tu marches dans la vérité. ...  Bien-aimé, tu agis fidèlement dans ce que tu fais pour les frères, et même pour des frères étrangers, lesquels ont rendu témoignage de ta charité, en présence de l'Église. » III Jean 1-3,5-6

La pratique de l’amour fraternel était très répandue dans les Églises locales en ces temps-là. Et il ne pouvait en être autrement puisque la confession de la foi chrétienne exposait à de graves persécutions, comme la spoliation de ses biens, le rejet familial, la mise au ban de la communauté ou la mort. Aussi était-il normal de s’attendre à des gestes de solidarité tels que mentionnés dans Actes 2.44-46 et Actes 4.32,34,35. Mais, Gaïus, quant à lui, allait au-delà de ce qui était la norme. Non seulement, il pratiquait l’hospitalité, la distribution d’argent et de nourriture aux frères de l’Église locale et aux frères étrangers, il y mettait aussi beaucoup de zèle et de fidélité ! Son engagement à assister efficacement les frères dans leurs besoins était si remarquable qu’il était devenu un sujet de louange. Gaïus était loué non seulement par les membres de l’Église locale mais aussi par les visiteurs étrangers, qui, de retour chez eux, ne manquaient jamais de lui rendre un vibrant hommage quant à sa marche pleine d’amour fraternel et de vérité en Christ. Manifestement, il sortait du lot. Gaïus était devenu aux yeux des Églises non seulement l’exemple à suivre en matière d’amour fraternel mais aussi en matière de fidélité aux commandements de Dieu. Son amour pour Dieu était vraiment frappant (I Jean 4.12 ; III Jean 1-3).

Gaïus, en bon dirigeant de l’Église locale où il était en service, ne dépouillait pas les brebis du Seigneur ; au contraire, il pourvoyait fidèlement aux besoins des démunis et marquait sa déférence à l’autorité ecclésiastique dont il dépendait en obéissant à ses ordres. Ce qui n’était pas le cas de Diotrèphe, un homme méchant et haineux. (III Jean 1-4, 9-11).

« Bien-aimés, aimons-nous les uns les autres ; car l'amour est de Dieu, et quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu. » I Jean 4.7

Pasteur Dewis HILLAH

C’est quoi vraiment l’amour du prochain ?

 


C’est quoi vraiment l’amour du prochain ?


La parabole du bon samaritain enseignée par le Seigneur Jésus dans Luc 10.29-37 est très connue des sociétés fortement christianisées à telle enseigne que le bon samaritain symbolise l’amour du prochain ou la charité dans le langage courant. Peu de personnes, cependant, perçoivent réellement toute la richesse cachée derrière le choix des divers personnages de cette allégorie. Car, il ne faut pas oublier que le Seigneur parlait à un auditoire d’origine juive et de culture judaïque. Ils connaissaient tous bien la position et la considération dont jouissaient les divers personnages cités dans cette parabole, parfaite illustration de l’amour du prochain.

Rappelons-nous tout d’abord que les Samaritains de cette époque-là n’étaient pas des Juifs de souche mais des populations païennes d’origines étrangères venues des lointaines régions de la Mésopotamie : Babylone, Cutha, Sepharvaïm et de la Syrie : Hamath. Ils étaient venus s’établir à la place des Israélites dans les villes du royaume de Samarie sur instruction de Salmanasar, roi d'Assyrie suite à la prise de Samarie après un siège impitoyable de trois années.

II Rois 17.24 : «  Le roi d'Assyrie fit venir des gens de Babylone, de Cutha, d'Avva, de Hamath et de Sepharvaïm, et les établit dans les villes de Samarie à la place des enfants d'Israël. Ils prirent possession de Samarie, et ils habitèrent dans ses villes. »

Les Israélites, quant à eux, furent déportés par le roi d’Assyrie dans son royaume :

II Rois 17.6 : «La neuvième année d'Osée, le roi d'Assyrie prit Samarie, et emmena Israël captif en Assyrie. Il les fit habiter à Chalach, et sur le Chabor, fleuve de Gozan, et dans les villes des Mèdes.»

Il était donc normal que les frères de ces israélites déportés n’aient pas de sentiments amicaux envers ces peuples qui n’étaient autre chose à leurs yeux que des envahisseurs. De plus, ces populations étrangères ne pratiquaient pas le judaïsme mais un paganisme du plus mauvais aloi fait de sacrifices d’enfants consumés vivants par le feu et autres saletés que les Hébreux abominaient à juste titre, à cause des ordonnances de Dieu interdisant ces choses (Deutéronome 7.1-6 ; Deutéronome 18.9-14).

II Rois 17.29-33 : « Mais les nations firent chacune leurs dieux dans les villes qu'elles habitaient, et les placèrent dans les maisons des hauts lieux bâties par les Samaritains.  Les gens de Babylone firent Succoth Benoth, les gens de Cutha firent Nergal, les gens de Hamath firent Aschima, ceux d'Avva firent Nibchaz et Tharthak ; ceux de Sepharvaïm brûlaient leurs enfants par le feu en l'honneur d'Adrammélec et d'Anammélec, dieux de Sepharvaïm. Ils craignaient aussi l'Éternel, et ils se créèrent des prêtres des hauts lieux pris parmi tout le peuple : ces prêtres offraient pour eux des sacrifices dans les maisons des hauts lieux. Ainsi ils craignaient l'Éternel, et ils servaient en même temps leurs dieux d'après la coutume des nations d'où on les avait transportés. » 

Personne ne pouvait demander aux Hébreux qui étaient convaincus de leur élection divine (Deutéronome 14.2) d’avoir des relations amicales et encore moins de s’associer avec un peuple dont l’impiété était criante. Ils n’entretenaient aucune relation avec eux depuis plus de quatorze générations (Mathieu1.17) et ce, jusqu’au moment précis où le Seigneur donna cette parabole.

Cette inimitié était si profonde que la femme samaritaine n’hésita pas à le rappeler au Seigneur lorsqu’il lui demanda à boire dans Jean 4.9 :

« La femme samaritaine lui dit : Comment toi, qui es Juif, me demandes-tu à boire, à moi qui suis une femme samaritaine? - Les Juifs, en effet, n'ont pas de relations avec les Samaritains. »

Les Samaritains n’étaient ni des modèles de foi et ni des modèles de vertu. Ils étaient des adorateurs de démons et méprisaient le vrai Dieu sans en avoir vraiment la révélation(Jean 4.19-22).

Les sacrificateurs, par contre, étaient les gardiens du culte du vrai Dieu : Le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob ; le Créateur du ciel et de la terre, de l’univers visible et invisible. Hébreux de souche, ils sont descendants d’Aaron frère de Moïse, tous fils de Lévi. Ils sont les seuls autorisés à entrer dans le temple terrestre pour offrir des sacrifices à Dieu(Nombres 18). Quiconque se hasardait à enfreindre cette interdiction le payait de sa vie (Nombres 18.7). Guides spirituels, ils avaient eux seuls le privilège d’enseigner et d’interpréter la Loi de Moïse (Malachie 2.1-9). Auréolés d’un immense prestige, ils finirent par croire que le culte de Dieu était leur propriété exclusive et ils se permettaient de s’écarter de l’esprit des Saintes Écritures et d’édicter des règles d’adoration charnelle (Matthieu 23.13-29). Assoiffés d’honneur, ils devinrent jaloux et si orgueilleux qu’ils ne pouvaient plus discerner la voix de Dieu et encore moins ses prophètes (Luc 9.22 ; Jean 7.1-32 ; Jean 12.9-11). Aussi tuèrent-ils systématiquement quiconque était utilisé puissamment par Dieu comme prophète (Matthieu 20.18 ; Luc 19.47 ; Luc 22). Pour la plupart, ils se croyaient les seuls hommes justes sur terre (Matthieu 21.15,23). Les plus dangereux étaient ceux du parti des pharisiens (Luc 11.37-52).

Les Lévites sont issus de la même tribu que les sacrificateurs. Descendants eux-aussi de Lévi, ils étaient les assistants des sacrificateurs dans tout ce qui touchait au culte de l’Éternel des armées ( Nombres 3.6 ; Nombres 18.1-6 ; I Chroniques 23). Ils jouissaient d’une grande considération en Israël à cause non seulement de leur service à côté des sacrificateurs mais aussi à cause de leur érudition biblique.

Cette position d’autorité spirituelle finit par être un piège pour les sacrificateurs et les lévites. Pour impressionner le peuple, il fallait faire de longues prières et parfois debout aux coins des rues. On proclame avec emphase ses aumônes et on n’hésitait pas à montrer à tout l’entourage qu’on jeûnait. Tout était fait pour capter la louange des hommes (Matthieu 6.1-18). Progressivement, ils s’attachèrent à la forme et abandonnèrent le fond qui est l’amour de Dieu et du prochain :

Matthieu 23.23 : « Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites, car vous payez la dîme de la menthe, de l'aneth et du cumin, et vous négligez les choses les plus importantes de la loi, la justice, la miséricorde et la fidélité. Il fallait faire ces choses-ci et ne pas omettre celles-là. »

Malgré cette kyrielle de défaut mise en évidence par le Seigneur chez la grande majorité des chefs religieux d’Israël de cette époque, le bon samaritain ne leur arrivait pas à la cheville. Les premiers adoraient Dieu avec lacune ; mais le second adorait les démons.

Seulement, le bon samaritain avait un cœur bon. Il ne s’était pas préoccupé ni de l’origine ethnique ou raciale de l’homme en difficulté ni de sa religion. Il ne s’était pas attardé non plus sur les conséquences financières de son acte de miséricorde. Il était en voyage, il devrait être pressé. En s’attardant auprès de cet homme, il pouvait être braqué à son tour. Il a juste écouté son cœur et mis sa vie aussi en danger pour aider une personne humaine comme lui.

Manifestement, l’homme dépouillé par les brigands était un Juif. S’il ne l’était pas, le Seigneur aurait utilisé le mot étranger ; s’il était un Samaritain, il l’aurait aussi dit clairement. Et c’est ce qui fait la beauté de cette parabole et lui donne davantage de profondeur pour les Juifs. Autrement, ils auraient eu de la peine à comprendre. Car, à leurs yeux, il était légitime de passer outre un étranger ou un Samaritain en difficulté compte tenu des lois sur la pureté (Lévitique chapitres 11 à 15).

Ce samaritain savait bien le mépris dont il pouvait être l’objet de la part de cet homme après son rétablissement. La loi mosaïque ne leur permettait pas d’être des amis. Mais, il décida quand même de lui sauver la vie juste par amour de la personne humaine. Il n’attendait de son acte aucune récompense ou gratification. Il fit simplement preuve d’humanisme et continua après son voyage. Ce faisant, il fut plus agréable à Dieu que ces deux religieux qui, par pure formalisme et par manque d’empathie, se détournèrent toute honte bue d’un de leurs disciples. Cela n’est pas étonnant de la part de personnes qui dépouillent les veuves et les orphelins de leur héritage au moyen de paroles trompeuses (Matthieu 12.38-40 ; 23.13,14 , ).

Le bon samaritain a agi sans tenir compte :

-de l’inimitié qu’il y avait entre Juifs et Samaritains ;

-des injustices que lui ou un parent aurait subies de la part d’un Juif ;

-du mépris possible qu’il récoltera après le rétablissement de cet homme ;

-de l’impossibilité de récupérer les sommes engagées pour les soins de cet homme ;

-des conséquences possibles pour sa sécurité en s’attardant dans cette zone ;

-de la pureté spirituelle ou non de ce Juif ;

-du qu’en-dira-t-on.

Aimer son prochain exige des sacrifices :

- le renoncement à la vengeance ;

- le renoncement à la haine ;

- le renoncement à son confort et à son argent pour aider autrui ;

- le renoncement à l’attente des louanges et des remerciements ;

- le renoncement à soi et à l’orgueil.

I Corinthiens 13.4-7 : « La charité est patiente, elle est pleine de bonté ; la charité n'est point envieuse ; la charité ne se vante point, elle ne s'enfle point d'orgueil, elle ne fait rien de malhonnête, elle ne cherche point son intérêt, elle ne s'irrite point, elle ne soupçonne point le mal,  elle ne se réjouit point de l'injustice, mais elle se réjouit de la vérité ;  elle excuse tout, elle croit tout, elle espère tout, elle supporte tout. » 



Pasteur Dewis HILLAH