La
vertu, le bien et le chrétien
La
vertu, deuxième étape sur le chemin de la croissance spirituelle
(II Pierre 1.5 ), est souvent confondue à tort
avec la notion de bien. Cette confusion,
depuis les temps anciens, a conduit à de chaudes empoignades
entre les philosophes grecs d’abord, puis entre les scolastiques et
enfin entre les penseurs de l’époque contemporaine.
La
raison réside pour l’essentiel non pas dans la double étymologie
du mot vertu, mais dans l’approche profane de leur étude de la
nature humaine.
Non !
la nature humaine est totalement corrompue depuis
la chute de l’homme dans le Jardin d’Éden
(Genèse 3) ;
et depuis lors, l’homme est incapable par lui-même du souverain
bien :
« L'Éternel
vit que la méchanceté des hommes était grande sur la terre, et que
toutes les pensées de leur cœur se portaient chaque jour uniquement
vers le mal. L'Éternel
se repentit d'avoir fait l'homme sur la terre, et il fut affligé en
son cœur. » Genèse 6.5,6
C’est
aussi ce que l’apôtre Paul exprimait sous l’inspiration divine
en déclarant ceci :
« Nous
savons, en effet, que la loi est spirituelle
; mais moi, je suis charnel, vendu au
péché. Car
je ne sais pas ce que je fais :
je ne fais point ce que je veux, et je fais ce que je hais. Or, si je
fais ce que je ne veux pas, je reconnais par là
que la loi est bonne. Et maintenant ce
n'est plus moi qui le fais, mais c'est le péché
qui habite en moi. Ce qui est bon, je
le sais, n'habite pas en moi, c'est-à-dire
dans ma chair :
j'ai la volonté, mais non le pouvoir de faire le bien. Car
je ne fais pas le bien que je veux, et je fais le mal que je ne veux
pas. Et si je fais ce que je ne veux pas, ce n'est plus moi qui
le fais, c'est le péché qui habite en
moi. Je trouve donc en moi cette loi
: quand je veux faire le bien, le mal est
attaché à moi.
Car je prends plaisir à la loi de Dieu,
selon l'homme intérieur ;
mais je vois dans mes membres une autre loi, qui lutte contre la loi
de mon entendement, et qui me rend captif de la loi du péché,
qui est dans mes membres. Misérable
que je suis! Qui me délivrera du corps de cette mort?... »
Romains 7.14-24
L’une
des étymologies du vocable vertu, vient du latin virtus
qui est dérivé de
vir
"homme" et a le sens de « courage physique ou moral,
force d’âme, vaillance... ». L’autre vient du grec arétê
qui,
depuis l’époque socratique,
a
le sens de « valeur morale ».
Dans le Nouveau
Testament
et suivant les traductions (versions) utilisées, on retrouve l’un
ou l’autre sens dans les versets où le mot "vertu" est
mentionné. La vertu dans II Pierre 1.5, quant à elle, vient du grec
arétê qui,
dans
le contexte présent et au sens de l’église primitive,
est
« la disposition habituelle, le comportement permanent, la
force avec laquelle l’individu se porte volontairement vers le
bien, vers son devoir, se conforme à un idéal moral, religieux,
en
dépit des obstacles qu’il rencontre... ». La vertu,
dira
l’autre,
« n’est pas un bien, c’est un devoir » ; c’est
la norme fondamentale en matière de foi chrétienne. La vertu
consiste donc à garder fidèlement les commandements de Dieu. Et
comme pour garder fidèlement les commandements de Dieu,
il
faut marcher par l’Esprit(Galates 5), la vertu pour le chrétien se
résume à marcher par le Saint-Esprit de sorte à ne plus accomplir
la volonté de la chair.
«
Je dis donc
: Marchez selon l'Esprit, et vous
n'accomplirez pas les désirs de la
chair. Car la chair a des désirs
contraires à ceux de l'Esprit, et l'Esprit en a de contraires à
ceux de la chair ;
ils sont opposés entre eux, afin que vous ne fassiez point ce que
vous voudriez. » Galates 5.16,17
Les
œuvres de la chair sont tout le contraire de ce vers quoi tend la
vertu : le souverain bien.
Les
œuvres de la chair qui sont énumérées dans Galates 5.19-21 savoir
: « l'impudicité,
l'impureté, la dissolution, l'idolâtrie,
la magie, les inimitiés, les querelles, les jalousies, les
animosités, les disputes, les divisions, les sectes, l'envie,
l'ivrognerie, les excès de table, et les
choses semblables. » ne sont nullement vertueuses
et sont même frappées de la condamnation éternelle :
« Je
vous dis d'avance, comme je l'ai déjà dit, que ceux qui commettent
de telles choses n'hériteront point le royaume de Dieu. »
Galates 5.22
Mais
la vertu produit : « l'amour,
la joie, la paix, la patience, la bonté,
la bénignité, la fidélité, la douceur, la tempérance
; », qui
sont le résultat de cette constance sans condition à tenir les
ordonnances de Dieu sous la conduite du Saint-Esprit. Oui,
du Saint-Esprit et toujours du Saint-Esprit ; car Il est le seul
qui ait été donné par notre Dieu pour conduire les chrétiens qui
ne peuvent sonder Dieu, à éviter les écueils des mondes visible et
invisible.
« Quand
le consolateur sera venu, l'Esprit de vérité,
il vous conduira dans toute la vérité ;
car il ne parlera pas de lui-même, mais il dira tout ce qu'il aura
entendu, et il vous annoncera les choses à venir. » Jean
16.13
Le
Saint-Esprit, ne l’oublions pas, est la
troisième personne de la Trinité Divine ;
Il est donc omniscient. Il ne peut donc se tromper dans ses choix et
décisions. Le chrétien qui est attentif à sa voix ne peut
s’égarer ; et toutes les révélations et avertissements du
Saint-Esprit ou Consolateur
sont toujours conformes au logos,
c’est-à-dire à la
Bible.
La
vertu, eu égard, à tout ce qui précède,
n’est pas d’essence humaine. Elle ne peut résulter,
selon la théologie
évangélique, d’un effort intrinsèque de la nature humaine, mais
bien d’une action surnaturelle, d’une action divine. Seule la foi
en Jésus-Christ peut nous débarrasser de la vieille nature adamique
pour nous revêtir de l’Homme Nouveau,
c’est-à-dire de la
nature de Jésus-Christ qui est portée uniquement vers le bien
absolu.
« Voici
donc ce que je dis et ce que je déclare
dans le Seigneur, c'est que vous ne devez plus marcher comme les
païens, qui marchent selon la vanité de leurs pensées. Ils
ont l'intelligence obscurcie, ils sont étrangers
à la vie de Dieu, à cause de l'ignorance qui est en eux, à cause
de l'endurcissement de leur cœur. Ayant
perdu tout sentiment, ils se sont livrés à
la dissolution, pour commettre toute espèce d'impureté jointe à la
cupidité. Mais vous, ce n'est pas
ainsi que vous avez appris Christ, si du moins vous l'avez
entendu, et si, conformément à la vérité
qui est en Jésus, c'est en lui que vous avez été instruits à vous
dépouiller, eu égard
à votre vie passée, du vieil homme
qui se corrompt par les convoitises trompeuses, à être
renouvelés dans l'esprit de votre intelligence, et
à revêtir l'homme
nouveau, créé selon Dieu dans une
justice et une sainteté que produit la vérité. »Éphésiens
4.17-24
«
Ne mentez pas les uns aux autres, vous étant
dépouillés du vieil homme
et de ses œuvres, et ayant revêtu
l'homme nouveau,
qui se renouvelle, dans la connaissance, selon l'image de celui qui
l'a créé. » Colossiens 3.9,10
Le
vieil homme ou homme animal, c’est
l’homme naturel qui ne reçoit pas les vérités
divines selon que le déclare
l’apôtre Paul aux Corinthiens :
« Mais
l'homme animal ne reçoit
pas les choses de l'Esprit de Dieu, car elles sont une folie pour
lui, et il ne peut les connaître, parce que c'est spirituellement
qu'on en juge.
L'homme spirituel, au contraire, juge de tout, et il n'est lui-même
jugé par personne. » I
Corinthiens 2.14,15
Seule
donc la foi en Jésus-Christ peut nous permettre de pratiquer la
vertu en ayant à l’esprit qu’il nous
arrivera, sur le chemin de l’obéissance
aux commandements de Dieu, de trébucher et
de tomber(Prov 24.16 ; I Jean 1.8-10). Mais l’essentiel,
c’est de nous relever et de continuer la course comme de
bons soldats en toute humilité et soumission à l’Esprit de Dieu.
La vertu pour les non croyants est un
idéal, mais pour nous, disciples de
Jésus-Christ, c’est un combat vital à
gagner sur le sentier étroit menant à la maturité spirituelle.
Pasteur
Dewis HILLAH