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dimanche 1 septembre 2024

Que votre douceur soit connue de tous

 

Que votre douceur soit connue de tous!

 

La douceur est une vertu divine communiquée par le Saint-Esprit de Dieu à toute personne véritablement touchée par la grâce de Jésus-Christ. Elle est le fruit de l’action puissante de l’Esprit de Dieu dans la vie du chrétien authentique (Galates 5.22). Toute personne effectivement chrétienne doit manifester cette douceur de caractère. C’est cette douceur d’essence divine qui est à la base du pacifisme légendaire de l’Église primitive.

       Le Seigneur, au début de son ministère public en Palestine (Israël) (Mathieu 5,6,7),  a énuméré les comportements distinctifs d’un enfant de Dieu. Ces différents comportements sont les éléments constitutifs du caractère chrétien. Les apôtres, à la suite du Seigneur Jésus-Christ, ont repris les mêmes enseignements : un chrétien authentique est humble, doux, débonnaire, pacifique, modéré, compatissant, généreux, respectueux, simple et fidèle aux commandements des Saintes Écritures.

En visitant l’étymologie des mots grecs qui traduits en français donnent "Douceur", on découvre qu’ils ont originellement les sens de " débonnaireté, simplicité, gentillesse, affabilité, patience, indulgence, lenteur à la colère, noblesse de caractère…"

Le chrétien doit refléter toutes ces qualités dans ses rapports avec :

- Les gouvernants

« Rappelle-leur d'être soumis aux magistrats et aux autorités, d'obéir, d'être prêts à toute bonne œuvre, de ne médire de personne, d'être pacifiques, modérés, pleins de douceur envers tous les hommes. » Tite 3.1,2

- Ses dirigeants spirituels

« C'est pourquoi, rejetant toute souillure et tout excès de malice, recevez avec douceur la parole qui a été plantée en vous, et qui peut sauver vos âmes. »  Jacques 1.21

- Ses frères en Christ

« Frères, si un homme vient à être surpris en quelque faute, vous qui êtes spirituels, redressez-le avec un esprit de douceur. Prends garde à toi-même, de peur que tu ne sois aussi tenté. » Galates 6.1

« Je vous exhorte donc, moi, le prisonnier dans le Seigneur, à marcher d'une manière digne de la vocation qui vous a été adressée, en toute humilité et douceur, avec patience, vous supportant les uns les autres avec charité, vous efforçant de conserver l'unité de l'esprit par le lien de la paix. »  Éphésiens 4.1-3

« Ainsi donc, comme des élus de Dieu, saints et bien-aimés, revêtez-vous d'entrailles de miséricorde, de bonté, d'humilité, de douceur, de patience. Supportez-vous les uns les autres, et, si l'un a sujet de se plaindre de l'autre, pardonnez-vous réciproquement. De même que Christ vous a pardonné, pardonnez-vous aussi. » Colossiens 3.12,13

- Les brebis du Seigneur sous son autorité

«Nous n'avons point cherché la gloire qui vient des hommes, ni de vous ni des autres ; nous aurions pu nous produire avec autorité comme apôtres de Christ, mais nous avons été pleins de douceur au milieu de vous. De même qu'une nourrice prend un tendre soin de ses enfants... » I Thessaloniciens 2.6,7

« Prêche la parole, insiste en toute occasion, favorable ou non, reprends, censure, exhorte, avec toute douceur et en instruisant. » II Timothée 4.2 

- Ses supérieurs hiérarchiques

« Serviteurs, obéissez en toutes choses à vos maîtres selon la chair, non pas seulement sous leurs yeux, comme pour plaire aux hommes, mais avec simplicité de cœur, dans la crainte du Seigneur. » Colossiens 3.22 

- Ses parents

« Enfants, obéissez en toutes choses à vos parents, car cela est agréable dans le Seigneur. » Colossiens 3.20 

- Son mari

« Femmes, soyez de mêmes soumises à vos maris, afin que, si quelques-uns n'obéissent point à la parole, ils soient gagnés sans parole par la conduite de leurs femmes, en voyant votre manière de vivre chaste et réservée. Ayez, non cette parure extérieure qui consiste dans les cheveux tressés, les ornements d'or, ou les habits qu'on revêt, mais la parure intérieure et cachée dans le cœur, la pureté incorruptible d'un esprit doux et paisible, qui est d'un grand prix devant Dieu. » I Pierre 3.1-4

- Sa femme

« Maris, montrer à votre tour de la sagesse dans vos rapports avec vos femmes, comme avec un sexe plus faible ; honorez-les, comme devant aussi hériter avec vous de la grâce de la vie. Qu'il en soit ainsi, afin que rien ne vienne faire obstacle à vos prières. » I Pierre 3.7 

- Ses enfants

 «  Pères, n'irritez pas vos enfants, de peur qu'ils ne se découragent. » Colossiens 3.21 

- Ses concitoyens

« Ne rendez point mal pour mal, ou injure pour injure ; bénissez, au contraire, car c'est à cela que vous avez été appelés, afin d'hériter la bénédiction. » I Pierre 3.9

- Les voisins, les collègues et les inconnus

«  S'il est possible, autant que cela dépend de vous, soyez en paix avec tous les hommes. » Romains 12.18 

«  Tout ce que vous faites, faites-le de bon cœur, comme pour le Seigneur et non pour des hommes, sachant que vous recevrez du Seigneur l'héritage pour récompense. Servez Christ, le Seigneur. Car celui qui agit injustement recevra selon son injustice, et il n'y a point d'acception de personne. » Colossiens 3.23-25

       Même avec les ennemis du christianisme, les persécuteurs, il se doit d’être d’une douceur à toute épreuve :

« Repousse les discussions folles et inutiles, sachant qu'elles font naître des querelles. Or, il ne faut pas qu'un serviteur du Seigneur ait des querelles ; il doit, au contraire, avoir de la condescendance pour tous, être propre à enseigner, doué de patience ;  il doit redresser avec douceur les adversaires, dans l'espérance que Dieu leur donnera la repentance pour arriver à la connaissance de la vérité, et que, revenus à leur bon sens, ils se dégageront des pièges du diable, qui s'est emparé d'eux pour les soumettre à sa volonté. » II Timothée 2.23-26

«  Mais sanctifiez dans vos cœurs Christ le Seigneur, étant toujours prêts à vous défendre, avec douceur et respect, devant quiconque vous demande raison de l'espérance qui est en vous,  et ayant une bonne conscience, afin que, là même où ils vous calomnient comme si vous étiez des malfaiteurs, ceux qui décrient votre bonne conduite en Christ soient couverts de confusion.  » I Pierre 3.15 -16

       Si donc, il y a un seul trait de caractère qui doit servir à distinguer le chrétien, c’est bien la douceur ; une douceur à toute épreuve comme celle de notre créateur Jésus-Christ qui est lui-même le modèle par excellence de la douceur, comme le laisse voir les passages suivants :

«   Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble de cœur ; et vous trouverez du repos pour vos âmes. » Mathieu 11.29

«Dites à la fille de Sion : Voici, ton roi vient à toi, plein de douceur, et monté sur un âne, sur un ânon, le petit d'une ânesse. » Mathieu 21.5 

       Le véritable chrétien rempli du Saint-Esprit, n’est jamais (Galates 5.19-21) :

- Agressif ;

- Arrogant ;

- Irrespectueux ;

- Violent ;

- Bagarreur ;

- Querelleur ;

- Méprisant ;

- Fanfaron ;

- Outrageux ;

- Provocateur ;

- Séditieux ;

- Mesquin ;

- Méchant ;

- Médisant ou calomniateur ;

- Moqueur.

Le chrétien qui fait preuve d’agressivité, d’esprit de querelle, d’arrogance, de mépris de l’autorité, de violence..., viole les commandements de Dieu, vit dans la désobéissance au Saint-Esprit. Il pratique donc le péché et devient ainsi un enfant du diable (I Jean 3.8-10). Il perdra son salut (Galates 5.19-21). Il redevient un enfant du diable et perd toute protection contre les méchants. Il n’a aucune sagesse (Jacques 3.13-18). S’il se séduit à défier les agents du diable, il mourra tout simplement. Le chrétien ne peut compter sur la protection de Dieu que s’il demeure en Christ. Or, demeurer en Christ signifie garder sa Parole (Jean 14.23).

C’est la raison pour laquelle, votre "douceur doit être connue de tous les hommes". Philippiens 4.5

 

Pasteur Dewis HILLAH

 

 

 

Moïse : Un modèle de maîtrise de soi

 

Moïse : Un modèle de maîtrise de soi

 

 

Le témoignage de Dieu au sujet de Moïse est sans équivoque quant à sa maîtrise de soi :

Nombres 12.3  « ... Or, Moïse était un homme fort patient, plus qu'aucun homme sur la face de la terre. » (Version Segond)

Nombres 12.3  « ...Or, Moïse était un homme fort doux, plus qu'aucun homme qui soit sur la terre. » (Version Ostervald).

Devant les diverses agressions et rébellions dont il a été victime pendant qu’il conduisait le peuple d’Israël de l’Égypte à Canaan la terre promise, il est resté égal à lui-même. Lent à la colère, il était prompt à intercéder pour détourner d’Israël les jugements de colère de Dieu. Et Dieu sait qu’il avait tous les jours une occasion de chute. Et pourtant, Moïse n’a pas sombré dans la violence, les injures ou les malédictions. En présence de ce peuple que Dieu lui-même qualifia de peuple au cou raide (Exode 32.9), il gardait son sang froid et parlait toujours avec douceur.

Dans les situations les plus affligeantes, il évitait de prendre des  décisions sans en référer à Dieu. Il ne laissait jamais ses émotions prendre le dessus ; et il ne manquait jamais de pardonner à ce peuple qui le rudoyait souvent (Exode 16 ; Exode 17 ; Nombres 11 ; Nombres 12 ; Nombres 14 ; Nombres 16 ; Nombres 21 ...).

Une seule fois, Moïse trébucha devant le peuple d’Israël (Nombres 20).

       A la lecture de la Bible aujourd’hui, plus de 5700 ans après ces événements qui ont émaillé le voyage des Hébreux vers la terre promise sous la conduite de Moïse, on perçoit faiblement l’esprit de rébellion qui animait Israël, un peuple qui aimait à marcher au gré de ses mauvaises pensées (Ésaïe 65.2) et non selon les commandements de Dieu.

Comment Moïse a-t-il pu dominer autant sur son propre esprit pour ne pas céder à la rage, à la colère, à la violence, au doute, à la peur, au découragement, à la vanité ou à la rancune ?

Il ne bronchait ni dans ses paroles ni dans ses actes. Manifestement, c’est une grâce qui lui a été faite !

       Et pourtant, Moïse à 40 ans, en Égypte, était un homme bien violent qui n’avait pas hésité à tuer un homme pour défendre un israélite :

Exode 2.11,12 : «  En ce temps-là, Moïse, devenu grand, se rendit vers ses frères, et fut témoin de leurs pénibles travaux. Il vit un Égyptien qui frappait un Hébreu d'entre ses frères. Il regarda de côté et d'autre, et, voyant qu'il n'y avait personne, il tua l'Égyptien, et le cacha dans le sable. » 

Cette maltraitance dont l’hébreu était victime suffisait-elle pour que le sang d’un homme fût-il égyptien soit versé ? Manifestement, Moïse, en ces temps-là, n’avait pas la maîtrise de ses émotions.

Il était dévoré de haine contre les Égyptiens à qui il en voulait d’avoir réduit son peuple en esclavage. Il a agi avec l’énergie de la chair, ne connaissant pas en ce temps-là le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob.

Il a fallu quarante (40) autres années pour que Dieu éduque Moïse, lui enseignant la patience, en faisant de lui un berger (Exode 3).

La conduite des brebis au pâturage n’est pas une tâche facile. Il faut de la patience, de la rigueur et du courage.

Du courage devant les prédateurs et voleurs de troupeau. De la rigueur en matière de discipline pour éviter que le troupeau ne se disperse ou ne s’égare. Il faut frapper celui-ci, garder celui-là près de soi, menacer un bélier trop agressif... De la patience pour soigner une ou des brebis malades, cheminer longtemps à la recherche d’un vert pâturage, porter tous les jours, sur une longue distance une bête blessée à la patte... Faire donc cela pendant quarante ans vous transforme un homme impatient et violent en un homme doux, courageux et maître de lui-même. Cette éducation de Dieu reçue par Moïse le rendit profondément humble et compatissant envers son prochain. Plusieurs fois, Dieu voulut détruire Israël ; mais, à chaque fois, Moïse plaida en sa faveur (Exode 32.11-13 ; 30-32 ; Nombres 11.11-15 ; 14.13-19 ; ), preuve qu’il n’était pas dévoré par la rancune.

Au travers de la Bible, Moïse nous a laissé l’image d’un homme humble, doux, patient, compréhensif, compatissant, désintéressé, craignant Dieu et peu porté vers les appétits charnels. C’était un héros au sens propre, et ce verset des Saintes Écritures lui est applicable avec certitude :

Proverbes 16.32 : «  Celui qui est lent à la colère vaut mieux qu'un héros, et celui qui est maître de lui-même, que celui qui prend des villes. » 

 

 

                                  Pasteur Dewis HILLAH

mercredi 27 juillet 2022

Le chrétien peut-il se laisser tuer par le méchant?

Le chrétien peut-il se laisser tuer par le méchant?



La question, assurément, peut sembler saugrenue eu égard à l’instinct de conservation naturel propre à tout être humain.  De plus, il est notoire que la réprobation du suicide par toutes les dénominations chrétiennes est unanime ; le Christianisme a en saine horreur l’avortement et l’euthanasie. Cependant, en considérant un certain nombre de déclarations du Seigneur relatives à la non violence notamment Matthieu 5.38-48, certaines âmes mal affermies peuvent verser dans un pacifisme outrancier.

En regardant juste autour de nous dans la sous-région, et en écoutant les nouvelles dont les média d’ici et d’ailleurs se font l’écho, nos cœurs meurtris constatent que certains chrétiens font très peu cas de leur vie au nom de l’amour du prochain, du devoir humanitaire ou de la prédication de l’Évangile. C’est une erreur gravissime qui peut être assimilée au suicide.

Le Seigneur, dans sa grande sagesse, a pris le soin de nous laisser dans Matthieu 10.16-23 des instructions très claires :

« Voici, je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. Soyez donc prudents comme les serpents, et simples comme les colombes. Mettez-vous en garde contre les hommes ; car ils vous livreront aux tribunaux, et ils vous battront de verges dans leurs synagogues ; vous serez menés, à cause de moi, devant des gouverneurs et devant des rois, pour servir de témoignage à eux et aux païens. Mais, quand on vous livrera, ne vous inquiétez ni de la manière dont vous parlerez ni de ce que vous direz : ce que vous aurez à dire vous sera donné à l'heure même ; car ce n'est pas vous qui parlerez, c'est l'Esprit de votre Père qui parlera en vous. Le frère livrera son frère à la mort, et le père son enfant ; les enfants se soulèveront contre leurs parents, et les feront mourir. Vous serez haïs de tous, à cause de mon nom ; mais celui qui persévérera jusqu'à la fin sera sauvé. Quand on vous persécutera dans une ville, fuyez dans une autre. Je vous le dis en vérité, vous n'aurez pas achevé de parcourir les villes d'Israël que le Fils de l'homme sera venu.»

Ce passage est très explicite quant à notre comportement devant la persécution : Il faut fuir ! (Matthieu 10.23). Et c’est en obéissance à ce commandement fondé sur le bon sens que l’Église à Jérusalem a fui dans d’autres villes d’Israël lors de la grande persécution qui s’est abattue sur elle. (Actes 8)

« Saul avait approuvé le meurtre d'Étienne. Il y eut, ce jour-là, une grande persécution contre l'Église de Jérusalem ; et tous, excepté les apôtres, se dispersèrent dans les contrées de la Judée et de la Samarie » Actes 8.1 

Ces chrétiens de l’Église primitive avaient bien plus de foi que nous ; pourquoi aujourd’hui les chrétiens se mettent-ils en danger dans des zones où leur vie est activement menacée? A partir du moment où un chrétien identifie une menace pour sa sécurité, sa santé, ses finances ou ses biens, il doit prendre des précautions humaines. Il n’est pas question de refuser de prendre ses responsabilités. Il faut anticiper, de manière rationnelle, de manière réfléchie. Il faut évaluer la situation et voir ce qui humainement peut être fait. Ce n’est qu’après cela que nous pouvons légitimement invoquer le secours de Dieu. Refuser de se soigner ou de se protéger et s’attendre au miracle est une folie dont l’issue est souvent mortelle. Le Nouveau Testament foisonne d’exemples à nous rendre sages :

Actes 12.1-19 nous relate l’histoire de Pierre emprisonné par Hérode en vue d’une exécution publique pour faire plaisir aux Juifs non messianiques. L’Église, constatant son impuissance, se mit à prier avec instance. Dieu envoya un ange libérer Pierre qui après s’être montré à l’Église, se cacha pour ne pas être repris par Hérode. Ce n’était manifestement pas la volonté de Dieu qu’il mourût de la main de ce tyran ; s’il s’était laissé reprendre et tuer, il aurait commis un grand péché.

Paul, de même, ayant appris que des Juifs lui ont tendu une embuscade pour ôter sa vie, ne joua pas à l’insensé mais prit au contraire des mesures idoines pour faire avorter ce projet.

« Puis il se rendit en Grèce, où il séjourna trois mois. Il était sur le point de s'embarquer pour la Syrie, quand les Juifs lui dressèrent des embûches. Alors il se décida à reprendre la route de la Macédoine. Il avait pour l'accompagner jusqu'en Asie : Sopater de Bérée, fils de Pyrrhus, Aristarque et Second de Thessalonique, Gaïus de Derbe, Timothée, ainsi que Tychique et Trophime, originaires d'Asie.  Ceux-ci prirent les devants, et nous attendirent à Troas. » Actes 20.3-5


Il était pourtant dans la volonté de Dieu. Il a préféré changer de chemin pour se rendre à Jérusalem. Arrivé au terme de son voyage, il tomba injustement entre les mains des Juifs d’Asie (Actes 21.27-33) qui cherchèrent à le tuer. Dieu, dans sa fidélité, le sauva miraculeusement de leurs mains. Ne s’avouant toujours pas vaincus, plus d’une quarantaine d’hommes parmi les plus fanatiques formèrent un complot pour lui ôter la vie (Actes 23.12-24). Que fit Paul lorsque cela parvint à sa connaissance ? Pria-t-il pour demander à Dieu d’agir comme bon Lui semblait ? Prit-il un jeûne pour demander discrètement à Dieu l’échec de ce projet d’assassinat ? Non ! Paul ne s’était pas cantonné au jeûne et à la prière qui sont absolument de très bonnes armes ; il se hâta plutôt d’en informer les autorités. S’il ne l’avait pas fait, ils auront probablement réussi leur projet d’assassinat. Paul aurait été tué avec sa propre complicité, détruisant ainsi involontairement le plan de Dieu sur sa vie. Considérons avec quelle promptitude ce tribun a mis en œuvre le plan de sauvetage de Paul. Il avait pourtant à sa disposition une véritable armée :


- plus de deux cents fantassins ;

- plus de soixante-dix cavaliers ;

- plus de deux cents archers.


Il était en position de force. Malgré cela, cet homme de guerre refusa de prendre le moindre risque. Il n’était pas un va-t-en-guerre, encore moins une personne immature. Il n’avait rien à prouver à quelqu’un. Il évalua la situation, jaugea la détermination de l’ennemi, géra sagement l’information et décida de la conduite à tenir. Il fallait devancer l’ennemi. Cette manière d’agir n’est pas de la couardise. Bien au contraire, c’est un trait de grande intelligence. Que gagnerait-il à risquer la vie de Paul et de ses soldats ? Parfois, c’est vrai, il n’y a pas d’autre choix logique que d’engager un combat à mort. Mais dans la plupart des cas, il vaut mieux décrocher à la première alerte.

Plusieurs, sous la séduction de Satan, tentent Dieu (Luc 4.9-12) sans s’en rendre compte. Ils exposent leur vie pour des glorioles et se placent hors de la protection de Dieu. Le chrétien doit se garder de ses ennemis visibles et invisibles. Le Seigneur n’a-t-Il pas déclaré ces paroles :

«Voici, je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. Soyez donc prudents comme les serpents, et simples comme les colombes. Mettez-vous en garde contre les hommes ; » Matthieu10.16,17a

Que faire alors de Matthieu 5.39,  diront certains ?

« Mais moi, je vous dis de ne pas résister au méchant. Si quelqu'un te frappe sur la joue droite, présente-lui aussi l'autre. » Matthieu 5.39

"Résister au méchant" a le sens ici de rendre le mal pour le mal ou de se venger. Dans ces conditions, l’interprétation visant à laisser le méchant agir à sa guise en toute circonstance est à revoir. Les chrétiens que nous sommes ne devons jamais laisser quelqu’un brimer plus faible que lui. Jamais nous ne devons abandonner une femme victime d’agression sexuelle. Chaque fois que nous sommes en position de force nous devons mettre fin à l’injustice. Il n’est pas question d’être de lâches spectateurs invoquant honteusement Matthieu 5.39 lorsque nous sommes les témoins oculaires d’une violence illégitime. Qui de nous est prêt à laisser ses enfants être agressés sans rien tenter ? Qui laissera son vieux père ou sa vieille mère agressés par un petit voyou sans faire acte de vaillance ?

Faudrait-il en dire plus? Nous avons tous compris.

«Nous savons que quiconque est né de Dieu ne pèche point ; mais celui qui est né de Dieu se garde lui-même, et le malin ne le touche pas. »  I Jean5.18 

Il nous faut donc fuir les mauvaises compagnies (I Corinthiens 15.33) ; il nous faut fuir ceux qui visiblement en veulent à notre vie (Psaume 37.12 ; Proverbe 21.10) ; il nous faut fuir les endroits mal famés (Proverbes 7 ; Proverbes 22.24,25) ; il nous faut fuir promptement les gurus et pasteurs qui ne suivent pas l’enseignement biblique (Actes 20.28-30 ; Jude ; II Pierre 2) ; il nous faut fuir les apothicaires modernes, il nous faut fuir la médecine alternative non homologuée qui guérit tout et rien. Il nous faut veiller sur nos vies dans la prière. Soyez donc prudents !

« L'homme simple (crédule) croit tout ce qu'on dit, mais l'homme prudent est attentif à ses pas » Proverbe 14.15

« L'homme prudent voit le mal et se cache, mais les simples (crédules) avancent et sont punis. » Proverbe 22.3 


  

                                                          Pasteur Dewis HILLAH















dimanche 15 août 2021

La maîtrise de soi

 

La maîtrise de soi



La maîtrise de soi est la quatrième étape sur le chemin de la croissance spirituelle (II Pierre 1.5,6). Elle est le verrou qu’il faudrait sauter avant de parvenir à la piété qui est l’amour de Dieu. Nul ne peut prétendre parvenir à l’obéissance à Christ et par ricochet à la vie éternelle sans en avoir la possession. La maîtrise de soi est une arme essentielle qui nous préserve des nombreux pièges et tentations du diable. Au sujet de celui qui possède la maîtrise de lui-même, la Bible déclare qu’il a plus de valeur qu’un grand conquérant, c’est-à-dire, plus de valeur que celui que Dieu a choisi bien avant la fondation du monde pour l’accomplissement de ses desseins éternels :

Proverbe 16.32 : « Celui qui est lent à la colère vaut mieux qu'un héros, et celui qui est maître de lui-même, que celui qui prend des villes.» 

La maîtrise de soi, dans l’Ancien Testament, est la traduction d’un groupe de mots hébreux (mâshal rûach) qui a le sens de "diriger son esprit, contrôler son esprit, dominer son esprit et même régner sur son esprit". Dans le Nouveau Testament, le mot grec équivalent est « egkrateia » qui est rendu en français par le mot tempérance.

La tempérance recouvre tour à tour, selon les contextes, le sens de modération, sobriété, continence, abstinence, circonspection, contrôle de soi, retenue, réserve, domination de soi... maîtrise de soi.

La maîtrise de soi, pour paraphraser les versions Ostervald et King James, est le fait d’être "maître de son cœur" ou d’être  "le seul et unique gouverneur de son esprit" (Proverbe 16.32). Cela sous-entend que celui qui est maître de lui-même n’est soumis à aucune influence extérieure, n’est contrôlé par aucun esprit étranger à sa personne hormis l’Esprit de Dieu en lui. De ce fait, un tel homme a la domination de ses passions et désirs, et il ne peut plus être influencé par les tromperies et tentations de Satan, ou par ses propres pulsions charnelles. Un tel chrétien a la victoire sur la chair et le monde (Galates 5.24). De manière permanente et absolue, cela est impossible, car la Bible nous rappelle par la bouche de l’apôtre Jean que :

« Si nous disons que nous n'avons pas de péché, nous nous séduisons nous-mêmes, et la vérité n'est point en nous.»  I Jean 1.8 

Dieu, tout en nous exhortant par le verset qui précède à l’humilité, n’attend pas moins de nous que nous luttions contre le péché jusqu’au sang (Hébreux 12.1-4). Dieu connaît les faiblesses de notre chair (Matthieu 26.41 ; Marc 14.38) et nous demande de nous confier en lui pour avoir la victoire sur Satan et ses mauvaises œuvres (Jean 15.1-8) ; autrement, c’est l’échec assuré :

 «  Je suis le cep, vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruit, car sans moi vous ne pouvez rien faire. » Jean 15.5

Seul Dieu peut nous donner la tempérance ou maîtrise de soi comme le confirme Galates 5.22 :

« ...le fruit de l'Esprit, c'est l'amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bénignité, la fidélité, la douceur, la tempérance (la maîtrise de soi); »

Tout effort basé sur des rituels, récitations de psaumes, des ablutions et prières spéciales, est totalement inutile. C’est une œuvre entièrement dépendante du Saint-Esprit qui par sa présence en nous libère dans nos cœurs les fruits de l’Esprit et l’amour de Dieu (Romains 5.5). Aucune éducation spirituelle, aucun exercice de méditation, aucune cérémonie occulte, aucune école de sagesse, aucune formation ne peut nous donner la vraie maîtrise de soi.

Nul, s’il n’a Jésus-Christ, ne peut y parvenir. Croire qu’on peut l’obtenir par un effort personnel, sera source d’une grande déception. Un tel candidat expérimentera la véracité de cette expression proverbiale très populaire :  « Chassez le naturel, il revient au galop ».

Nul ne peut donc avoir la maîtrise de soi ou plus simplement la victoire définitive sur le moindre péché s’il n’est disciple de Christ. Ce que le monde appelle maîtrise de soi n’est qu’un effort de contrôle physique ; il ne s’agit nullement de la domination de son esprit comme l’entend Proverbe 16.32. Non, il s’agit plutôt, en nous permettant cette analogie, d’un volcan sous-marin en ébullition.

La maîtrise de soi s’exerce dans trois grands domaines dans la vie du disciple de Christ : L’esprit, l’âme et le corps(I Thessaloniciens 5.23)

I- L’esprit ou le cœur

Le cœur est le siège de :

-La raison ;

-La pensée ;

-Des émotions ;

-Des sentiments ;

-Des désirs ;

-La volonté.

Marc 7.21-23 nous le confirme :

«Car c'est du dedans, c'est du cœur des hommes, que sortent les mauvaises pensées, les adultères, les impudicités, les meurtres, les vols, les cupidités, les méchancetés, la fraude, le dérèglement, le regard envieux, la calomnie, l'orgueil, la folie. Toutes ces choses mauvaises sortent du dedans, et souillent l'homme.»

Le cœur est aussi le siège de :

-La religiosité (Math15.8) ;

-La foi (Marc 11.23 ; Luc 24.25) ;

-L’incrédulité (Héb 3.12) ;

-L’égarement (Héb 3.10) ;

-La cupidité(Math 6.21) ;

-L’endurcissement du cœur (Math 13.15 ; Marc 3.5) ;

-La révélation de la parole de Dieu (Math 13.19) ;

-La tristesse et la joie (Jean 16.6 ) ;

-L’angoisse (II Cor 2.4) ;

-L’adoration et la louange (Eph 5.12).

Celui qui veut donc avoir la maîtrise de lui-même doit d’abord maîtriser son esprit. L’esprit est le gouvernail par lequel notre corps est dirigé soit par Dieu, soit par le diable (Jean 3.2). Si notre esprit est pur, Dieu l’utilise pour l’avancement de son œuvre (Luc 6.45). Voilà ce pourquoi la Bible nous donne cette exhortation :

« Garde ton cœur plus que toute autre chose, car de lui viennent les sources de la vie. » Proverbe 4.23 

et encore

  « Heureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu! » Matthieu 5.8

Comme nous le voyons donc, la maîtrise de son esprit est capitale pour la vie éternelle.

II- L’âme

L’âme, c’est ce qui vit dans le corps. Si l’âme quitte définitivement le corps, le corps meurt et retourne à la poussière (Jacques 2.26).

L’âme, notre propre personne, est ce qui répond quand on nous appelle ou quand on nous parle. C’est aussi l’âme qui va en jugement(). L’âme est la personne agissante. L’âme est le seul maître à bord lorsque notre esprit n’est pas régénéré (Tite 3 .5 ; Eph 2.22) pour être l’habitation de l’Esprit de Christ et du Saint-Esprit. Elle décide d’obéir ou non aux sollicitations de notre esprit. Elle est devant Dieu responsable de tout péché que nous commettons. Selon que nous avons reçu ou non une éducation morale ou religieuse, elle rejette ce qui lui semble mauvais.

L’âme possède aussi :

-Une pensée ;

-Une volonté ;

-Des sentiments ;

-Des émotions ;

-Des désirs ;

-Le raisonnement ;

-La connaissance du bien et du mal.

L’âme peut donc refuser de pécher et lutter jusqu’au sang, en s’appuyant sur le Seigneur (Heb 12).

La Bible pour cela nous invite à :

« … renoncer à l'impiété et aux convoitises mondaines » Tite 2.12


III- Le corps

Le corps est ce qui se meut chez les humains, la partie visible de notre être. Il est la seule partie corruptible de notre être. Il possède aussi :

-Des désirs (la faim, la soif, l’appétence sexuelle, le sommeil, le repos...) ;

-Des émotions (la haine de la douleur, le sentiment de bien-être physique...) ;

-Une volonté (le refus de jeûner, le refus de rester éveillé, la prédilection pour un ou des mets ou la forte envie de manger un aliment particulier ... ).

Le chrétien se doit d’assujettir son corps de crainte qu’il ne le conduise à violer la volonté de Dieu et à perdre ainsi la récompense finale. L’apôtre Paul écrivait en toute connaissance de cause ces paroles :

«Mais je traite durement mon corps et je le tiens assujetti, de peur d'être moi-même rejeté, après avoir prêché aux autres. »  I Corinthiens 9.27

Il n’est donc pas question de se laisser aller à :

-La fornication ;

-L’adultère ;

-L’alcoolisme ;

-La bagarre ;

-La querelle ;

-L’avarice ;

-La violence ;

-La vengeance ;

-L’injure ;

-La rancune ;

-La colère ;

-La gloutonnerie ;

-La bouffonnerie ;

-La paresse ;

-L’orgueil ;

-La méchanceté ;

-La vanité ;

-...

Le message biblique, dans son ensemble, invite le croyant depuis l’Ancienne alliance à rechercher et à cultiver ensuite la maîtrise de soi dans tous les domaines de sa vie.

L’image, la forte, pour nous montrer à quel point celui qui ne se maîtrise pas, est sans protection et donc en grand danger se trouve dans le Proverbe 25.28 :

« Comme une ville forcée et sans murailles, ainsi est l'homme qui n'est pas maître de lui-même. »



Pasteur Dewis HILLAH